Le Sport à l’APHL – Entretien avec Titouan PINEAU, Éducateur sportif – août 2020

  • 0

Le Sport à l’APHL – Entretien avec Titouan PINEAU, Éducateur sportif – août 2020

Category : Articles APHL

Image4Image6

Titouan, quelles sont vos missions à l’APHL ?

« Je suis arrivé sur le poste d’éducateur sportif début septembre 2019, à temps plein sur tous les établissements de l’APHL (Association pour l’accompagnement des Personnes en situation de Handicap dans le Loiret).

Mes missions sont de mettre en place et encadrer des activités physiques adaptées et des activités sportives pour le public en situation de handicap. »

Quelles différences faîtes-vous entre les activités physiques adaptées et les activités sportives ?

« Les activités physiques adaptées sont des activités pratiquées avec un public avancé en âge, handicapé moteur ou intellectuel conséquent. Il s’agit de travailler les déplacements en fauteuil, en déambulateur, debout. Il n’y a pas de relation avec la compétition, pas de règles établies. C’est ce qui fait la différence avec les activités sportives. Dans ce cadre, il s’agit surtout d’exercer des jeux traditionnels, des activités de loisirs, de découverte et d’entretien (comme la balle au prisonnier par exemple) ou un travail sur du mouvement (échauffement articulaire, gym douce).

Les activités physiques adaptées sont proposées en Foyer de vie. En foyer d’hébergement et en ESAT c’est plutôt du sport adapté qui sera pratiqué (le foot, le rugby, la pétanque, etc.)

Pour le sport dit « classique », il s’agit de respecter les règles du sport. Pour le sport adapté, on part du sport « classique » et en fonction du handicap on facilite ou on supprime quelques règles. Et, si c’est trop difficile, alors on entre dans le cadre d’une activité physique adaptée pour travailler autour de la santé. »

Comment s’organisent vos journées ?

« Lors de ma prise de poste, j’ai été en lien avec tous les établissements de l’APHL pour savoir ce qui était mis en place avant moi et pour connaître leurs souhaits : le nombre d’interventions/ heures par semaine, les objectifs pour certains résidents. En fonction des retours de chacun, j’ai fait un emploi du temps hebdomadaire prévisionnel satisfaisant un maximum de personnes. Pour toutes les activités que j’organise, il y a un temps de préparation conséquent, ainsi que des tâches administratives.

J’interviens dans les deux foyers de vie de l’APHL pour pratiquer des activités physiques adaptés, en générale avec des cycles d’activités de précision tels que le tir à l’arc, la sarbacane, toutes les activités de lancer. Des fois on travaille des cycles de déplacement et des cycles d’activités collectives sur lesquels je les fais travailler ensemble sur des activités d’équipe avec obligation d’avoir des interactions.

Pour les activités santé en ESAT, il s’agit de proposer du renforcement musculaire, de la marche et de la marche nordique. Il y a un gros travail de posture sur ces activités. C’est transversal avec l’activité en ESAT. Pour le renforcement musculaire, il s’agit d’une pratique sportive avec un maintien ou une amélioration des capacités physiques constatées. Pour la marche, il s’agit de maintenir la condition physique et la capacité respiratoire de la personne. Au niveau de l’environnement, je leur choisis des endroits agréables, en extérieur, qui ne connaissent pas forcément et qui changent de leur quotidien (forêt, bords de Loire).

Dans les foyers d’hébergement, c’est plutôt le sport qui est pratiqué. On est inscrit à la Fédération de sport adapté. On a des entrainements et des compétitions de pétanque, de basket, de football à 7 (sur un demi-terrain), de futsal (foot en salle à 5) et de tennis de table. On travaille l’esprit de compétition. Ce sont des compétitions quasiment tous les weekends dans le Loiret ou en Région Centre-Val de Loire. »

Qu’est-ce que leur apportent ces activités ?

« La pratique d’une activité physique et/ou sportive c’est important pour le public accompagné à l’APHL. On travaille la capacité physique des personnes ce qui permet de maintenir la condition physique d’une personne, sa condition respiratoire. Chez certaines personnes, on constate même une amélioration de la condition physique et ça c’est super. A travers le sport on multiplie les interactions sociales aussi. Ça leur permet de sortir des établissements spécialisés car ils sont dans un cadre sportif. Je les suis en compétition, sur leurs entrainements. Ça leur permet de se libérer aussi.

Au niveau du bien-être c‘est très important. Le cadre santé est très important. Mieux dans son corps, mieux dans sa tête comme on le dit. »

Image1sport Image3 Image2

Pratiquez-vous également le sport en milieu ordinaire avec les personnes accompagnées ?

« A l’APHL, on travaille avec 3 clubs sportifs ordinaires : un club de pétanque (UPA : Union Pétanque Argonnaise à Orléans), un club de tennis de table (Saint Marceau Tennis de Table), un club de basket (NBA Nécotin Basket Association). L’objectif est d’avoir une interaction sociale avec les adhérents et les licenciés de ces clubs. Pour le moment, il y a des créneaux spécifiques pour le public APHL pour s’entrainer dans leurs locaux. L’objectif à terme serait de pouvoir accueillir des personnes « ordinaires » sur ces créneaux-là et pour notre public de pouvoir s’entrainer sur le créneau du public valide. Il existe des journées de rencontre entre personnes issues du milieu ordinaire et les personnes de l’APHL avec certains clubs mais ça reste malheureusement très ponctuel. »

Quels sont vos projets ?

« J’aimerai réussir à développer les interactions sociales ave l’extérieur pour ne pas que les personnes se retrouvent toujours qu’entres elles. A la fois ça ferait une superbe sensibilisation pour le public valide, et pour les personnes accompagnées ce serait valorisant et gratifiant. Pour certaines, ça les pèse de rester dans cette bulle du milieu protégé.

Bien sûr, sur le papier, toute personne qu’elle soit en situation de handicap ou non peut s’inscrire dans le club sportif de son choix. Dans la réalité, il en est autrement. La personne est très souvent rejetée car elle n’a pas le niveau, ou parce qu’elle peut avoir des réactions excessives.

Je souhaiterai créer plus de partenariats pour sensibiliser et intégrer les personnes accompagnées dans les clubs sportifs ordinaires. C’est un travail partenarial encore trop rare et pourtant avec un accompagnement de l’APHL pour les intégrer, ça pourrait aboutir à de belles rencontres humaines et sportives. »

Julie BEAUVAIS